Actualités sur l’activité physique : Révolution dans les recommandations
Bien que rassurants, les chiffres concernant l’activité physique ne sont peut-être pas aussi fiables que nous le pensons. De récentes recherches indiquent que ceux qui s’engagent dans des activités intenses pourraient bénéficier davantage que ce que détectent leurs appareils de suivi.
Les recommandations en matière d’activité physique stipulent qu’il faut au minimum 75 minutes par semaine d’activités vigoureuses, ou 150 minutes d’exercice d’intensité modérée. Ce ratio de 1:2 a servi de référence pour les outils de suivi de la santé.
Ces recommandations ont été établies à partir d’enquêtes menées dans les années 1990, où les participants ont rapporté leurs activités et des valeurs de Métabolisme Équivalent de Tâche (MET) leur ont été assignées. Wendy Brown, professeur émérite à l’Université du Queensland, souligne que les activités perçues comme « modérées » avaient en moyenne un MET d’environ 3,5, alors que celles jugées « vigoureuses » avaient un MET de 7,5.
Bien que l’on ait considéré chaque minute d’activité vigoureuse comme « double minutes », cette approche a servi de base à des normes de santé publique. Cependant, l’automédiation présente des limites, et des recherches récentes utilisant des accéléromètres remettent en question le ratio classique.
Une étude publiée dans Nature Communications a cherché à évaluer la véritable équivalence d’intensité entre l’activité vigoureuse et modérée. Les chercheurs, provenant de l’Université de Sydney, ont analysé les données de 73 485 adultes âgés de 40 à 79 ans, en suivant leur état de santé huit ans plus tard.

L’entraînement de Locky Warner pourrait être plus bénéfique que ce que son tracker d’exercice lui attribue.
Crédit : Ben Searcy Photography
Les résultats ont révélé que le ratio de 1:2, utilisé pour calculer les scores des dispositifs comme ceux de Warner, était erroné. Une minute d’activité intense correspondrait à environ 4 à 9 minutes d’activité modérée, et à 53 à 156 minutes d’intensité légère, en ce qui concerne la mortalité toutes causes confondues et les résultats cardiométaboliques.
Ces résultats mettent en lumière une divergence significative par rapport aux estimations d’auto-évaluation et encouragent une intégration des équivalences basées sur des appareils dans les prescriptions d’activité physique. Emmanuel Stamatakis, chercheur principal, souligne l’efficacité du temps consacré à des activités vigoureuses pour la santé cardiovasculaire.
« Quel bon investissement de temps de pousser un peu plus durant ses séances d’exercice, ou même de manière incidente. »
Emmanuel Stamatakis, professeur à l’Université de Sydney
Stamatakis espère que les directives sur l’activité physique seront éventuellement mises à jour pour refléter ces nouvelles preuves. Il confirme que les entreprises technologiques peuvent facilement adapter leurs standards pour mieux récompenser les efforts individuels. Ces ajustements pourraient contribuer de manière significative à l’amélioration de la santé publique.
Points importants à retenir
- Les recommandations actuelles de 75 minutes d’activité vigoureuse par semaine sont basées sur des estimations anciennes.
- Les nouvelles études suggèrent qu’une minute d’activité intense peut être équivalente à 4 à 9 minutes d’activité modérée.
- Les accéléromètres offrent des données plus précises par rapport à l’automédiation.
- Des ajustements des algorithmes des dispositifs peuvent favoriser un suivi plus exact de la santé.
- Les messages de santé doivent prendre en compte les risques associés à l’exercice vigoureux.
Il est essentiel de veiller à ce que notre compréhension de l’activité physique évolue avec les nouvelles découvertes. Nous devons questionner nos habitudes et repenser l’approche que nous avons vis-à-vis de notre santé. Parfois, un changement de perspective peut nous inciter à agir de manière plus bénéfique pour notre bien-être. Quelles autres découvertes pourraient révolutionner notre rapport à l’exercice et la santé ?





