El Confital : des bidonvilles au havre naturel de la capitale, « un lieu où il fait bon venir »

El Confital : des bidonvilles au havre naturel de la capitale, « un lieu où il fait bon venir »

À El Confital, chacun trouve son propre rythme. Qu’il s’agisse de marcher tranquillement en admirant la mer ou de courir sur les sentiers, le lieu attire un flux constant de personnes, de bon matin. À quelques mètres, d’autres préfèrent plonger dans les eaux de l’Atlantique, tandis que des yogis étalent leurs tapis face à l’océan. Carlos Gallardo, qui fréquente le coin depuis des années, résume ainsi : « C’est un plaisir de se promener ici ».

Avec sa compagne, Paz Lorenzo, ils connaissent bien ce secteur. Bien que résidents de Madrid, ils reviennent souvent à Gran Canaria, se remémorant les moments passés sur cette île. Leur lien avec El Confital est profond : ils s’y sont rencontrés, y ont eu leur première fille avant de partir pour la capitale. « Nous adorons toujours venir ici », explique Paz. Cependant, le paysage a bien changé depuis leur dernier passage. Carlos évoque un El Confital « sauvage » et marqué par des réalités plus sombres. « C’était une zone marginalisée, remplie de chabolas et de conflits », a-t-il déclaré, soulignant à quel point la sécurité est devenue meilleure aujourd’hui.

Dans les années 70, El Confital était surtout connu pour son grand nombre de logements précaires. Au fil du temps, des initiatives ont été mises en place pour assainir l’endroit, avec le soutien de la municipalité de Las Palmas, qui a mené un processus pour évacuer les chabolas et redonner sa place au paysage naturel.

La transformation de l’environnement est d’autant plus visible les matins, alors que joggers, marcheurs et baigneurs se côtoient. Ce coin paisible est devenu une extension de la vie quotidienne pour les habitants et les visiteurs.

Larissa Genz, une expatriée allemande, a choisi La Isleta comme quartier de vie principalement pour sa proximité avec El Confital. « Je viens ici tous les jours pour marcher avec mon chien, cela fait désormais partie de ma routine », affirme-t-elle. Ce lieu de vacances est devenu son refuge au quotidien.

À quelques pas, un nouveau duo a émergé sur la scène : Roberta Murano, italienne et professeur de yoga, et Laura Guerrero, fondatrice d’un salon de coiffure holistique. Se connaissant depuis peu, elles ont décidé de transformer El Confital en leur studio en plein air, alliant relaxation et automassages. « Nous sommes de la nature, et ce lieu paraît idéal pour notre projet », déclare Roberta.

Toutefois, la revitalisation de cet espace, bien qu’impressionnante, n’a pas été sans défis. Malgré des efforts pour rétablir l’accès à la plage, des restrictions persistent, soulevant des préoccupations parmi les habitants sur la qualité de l’eau.

En effet, le terme El Confital trouve ses origines dans des cartes anciennes, où il était déjà mentionné pour ses caractéristiques géologiques uniques, avec des formations calcaires blanches, appelées rodolitos, créées par les algues coralliennes. Cela témoigne d’une riche histoire qui, aujourd’hui plus que jamais, est façonnée par ceux qui fréquentent les lieux.

Des coureurs aux pêcheurs, des amateurs de yoga aux promeneurs solitaires, chacun évolue ici à sa manière, transformant ce qui était autrefois un symbole de marginalité en un espace partagé de bien-être et d’activités. Comme l’exprime Carlos : « Il se passe tellement de choses ici. Chacun a trouvé sa façon d’apprécier El Confital ».

Points importants à retenir

  • El Confital est désormais un espace partagé pour diverses activités : jogging, yoga, pêche et baignade.
  • La transformation du secteur a été marquée par l’effort de la municipalité pour assainir le lieu.
  • Larissa Genz a intégré El Confital dans son quotidien, soulignant l’importance de l’environnement pour elle.
  • Roberta Murano et Laura Guerrero utilisent le cadre naturel pour leurs activités de bien-être, mettant en avant la connexion avec la nature.
  • Les défis concernant la sécurité de l’eau restent présents, soulevant des préoccupations locales.

En tant que voyageuse, ce récit de transformation me rappelle à quel point la nature peut offrir un refuge et une communauté, même dans les endroits les plus inattendus. Observer cet endroit, autrefois en marge, devenir un espace de partage et de bien-être m’incite à réfléchir sur notre propre rapport à la nature et à la communauté. Comment pouvons-nous, à notre tour, contribuer à cette préservation et cette revitalisation ?



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