Grosseto, le 9 avril 2026 – La lutte contre le travail illégal, notamment le phénomène du caporalato, demeure une préoccupation majeure pour la Région. Afin de renforcer cette démarche, des outils plus efficaces et concertés sont envisagés. Récemment, la Commission régionale, instituée dans le cadre du Protocole contre le caporalato et l’exploitation dans le secteur agricole, a tenu une réunion visant à aborder les enjeux de transparence et de promotion des relations de travail, ainsi que la valorisation des entreprises éthiques. Un suivi régulier sera assuré grâce à une relation technique annuelle.

La lutte contre le caporalato en Maremma
Parmi les sujets discutés figurent les outils opérationnels mis en place par la Région pour combattre l’intermédiation illégale, avec l’appui des Centres pour l’emploi. Des lignes directrices ont également été élaborées pour aider les entreprises à prévenir les infiltrations criminelles dans les marchés agro-forestiers. Des check-lists opérationnelles, des outils pratiques pour contrôler les fournisseurs, ainsi que des recommandations sur les innovations réglementaires et la “conditionnalité sociale” – qui relie l’octroi des paiements européens au respect des droits des travailleurs – ont été introduites. Malheureusement, la Maremma reste l’une des régions les plus touchées par les problèmes de sécurité au travail. Les données d’Inail révèlent une baisse des déclarations d’accidents, bien que des enjeux significatifs persistent dans la province de Grosseto, ainsi qu’à Arezzo et à Sienne, où se concentre 55 % des accidents de travail. Les travailleurs de plus de 65 ans sont particulièrement touchés, représentant 38 % des victimes, tandis qu’un travailleur sur quatre est étranger.
Le projet Soleil (2024-2026) a également été mis en avant, élargissant les actions régionales à d’autres secteurs au-delà de l’agriculture, avec un financement de 4,75 millions d’euros. Ce projet s’attaque à des secteurs à forte irregularité tels que la mode, la bijouterie et les services. Plus de 20 points d’accueil territoriaux et un numéro vert pour signaler les abus sont opérationnels. Des parcours personnalisés pour l’intégration socioprofessionnelle sont également proposés. La coordination des activités d’inspection et de surveillance est assurée par les inspections du travail et les services de santé locale. En 2025, ceux-ci ont dépassé les objectifs prévus, inspectant 16 300 entreprises, soit 8,3 % du total régional, incluant 1 163 contrôles spécifiques dans l’agriculture. Pour 2026, la Région vise à maintenir un objectif d’inspection de 7,5 % des entreprises et à renforcer les mesures du projet Soleil, en faisant du combat contre le caporalato une priorité politique.
L’assesseur à l’agriculture, Leonardo Marras, a souligné les progrès réalisés en Toscane, qui se distingue par des outils efficaces de contrôle de la sécurité au travail. « Nous avons pris conscience des efforts considérables déployés ces dernières années, a-t-il déclaré. Bien que des mesures aient été prises, le phénomène reste très répandu. Il est donc nécessaire que nos directions régionales approfondissent cette question afin de proposer une législation qui garantisse non seulement la qualité des produits, mais aussi celle du travail fourni pour les produire. »
Points importants à retenir
- La Région se concentre sur la lutte contre le caporalato et l’exploitation des travailleurs agricoles.
- Des lignes directrices et des outils pratiques ont été introduits pour soutenir les entreprises.
- Il existe un projet pluriannuel nommé Soleil, qui couvre plusieurs secteurs et dispose d’un service de signalement pour dénoncer l’exploitation.
- Les données montrent encore des lacunes en matière de sécurité sur les lieux de travail, principalement dans certaines provinces.
- Des inspections régulières sont menées pour s’assurer de la conformité des entreprises aux normes de sécurité et de travail.
Dans une société où le respect des droits des travailleurs est fondamental, il est impératif d’intensifier les efforts pour éradiquer le caporalato. Les mesures déjà mises en place fournissent une base solide, mais l’ampleur du problème exige une vigilance continua ainsi qu’une collaboration renforcée entre tous les acteurs concernés. Comment pouvons-nous, en tant que société, garantir une véritable justice sociale pour tous les travailleurs ? C’est une question qui mérite notre attention et notre engagement.





