Arrestation de Siugzda Daivaras, le ravisseur des Bolaños après cinq ans de fuite

Arrestation de Siugzda Daivaras, le ravisseur des Bolaños après cinq ans de fuite

Le calendrier nous ramène au 9 mai 2002. Ce soir-là, le businessman José Bolaños, sa femme Ana Marrero et leur fils Francisco, âgé de 17 ans, ont été enlevés et soumis à de sévices lors d’une tentative de vol. Cinq individus masqués sont entrés dans leur domicile à Vecindario, avec un objectif clair : s’emparer de l’argent contenu dans leur coffre-fort.

Parmi les cinq agresseurs, seul un, le lituanien Siugzda Daivaras, a pu être identifié. Les noms des quatre autres restent, 24 ans plus tard, un mystère. Daivaras a été arrêté et jugé en 2021, pour des faits de détention illégale, vol avec violence et violences corporelles. Il a été condamné à trois ans et demi de prison, mais n’a jamais purgé sa peine et est resté introuvable pendant cinq ans, jusqu’à son arrestation cette semaine. La Police Nationale a interpellé l’homme, âgé aujourd’hui de 51 ans, à Maspalomas, suite à un mandat d’arrêt émis par l’Audience Provinciale de Las Palmas.

Les agents de la police de Maspalomas ont procédé à son arrestation près de son lieu de résidence. Cette intervention fait suite à une dénonciation pour une agression survenue contre la propriétaire d’un gymnase. En recoupant les informations, le nom de Daivaras a émergé. Le juge a alors ordonné son incarcération, 24 ans après les faits, il se retrouve derrière les barreaux.

Séquestration et tortures

Le kidnapping a eu lieu à 21h15 le 9 mai 2002. Trois des cinq complices ont pénétré dans le domicile, tandis que deux autres attendaient dehors, vêtus de combinaisons bleues, avec des cagoules et des gants. Selon l’accusation, ils étaient armés de fausses armes et disposaient de liens en plastique et de ruban adhésif. Tout avait été minutieusement planifié. En quelques instants, cela aurait pu devenir le vol parfait. Ils ont ligoté Francisco (qui a également été frappé) et Ana, puis les ont enfermés dans une salle de bain, dans l’obscurité.

José Bolaños est arrivé à la maison 45 minutes plus tard. Les agresseurs l’ont attaqué, l’ont ligoté et l’ont conduit à la chambre où se trouvait le coffre-fort. Ils l’ont frappé, lui infligeant des blessures à la tête, tout en le menaçant de mort et en promettant de faire du mal à sa famille. Mais Bolaños était dans un état de choc émotionnel tel qu’il n’a pas pu répondre. Les craintes de pertes tragiques l’ont paralysé, selon le parquet, ce qui l’a empêché de fournir les codes du coffre-fort.

Ne souhaitant pas repartir les mains vides, les assaillants ont menacé leur fils de mort et ont tenté de l’asphyxier avec un sac. Ils lui ont infligé plusieurs coups qui leur ont finalement permis d’obtenir le code pour accéder aux 500 000 euros dans le coffre-fort.

À 2h30, après cinq heures de cauchemar, les voleurs ont pris la fuite. Les trois victimes ont été laissées ligotées jusqu’à ce que d’autres membres de la famille, alertés, viennent les secourir et les transporter à l’hôpital. La Guardia Civil a immédiatement lancé un dispositif sur les routes, sans succès.

La confession

L’enquête s’est avérée compliquée. Les pistes étaient rares. Le dossier a été pratiquement clos en 2003, avant d’être rouvert le 14 mars 2012, dix ans plus tard. Daivaras s’est présenté “regrettant” ses actes au commissariat de Maspalomas, confessant les faits. Il a révélé que deux Espagnols, liés à la sécurité de la zone, avaient fourni des informations sur la famille aux quatre autres lituaniens en échange de 25 000 euros chacun. Il a reconnu l’un d’eux mais a précisé que les autres n’étaient plus sur place.

Il a également ajouté que le “coup” avait été planifié à Playa del Inglés. Les cinq voleurs avaient utilisé deux voitures et il a joué un rôle de guetteur à l’extérieur. Après le vol, ils ont fui ensemble vers Playa del Inglés, pointant même du doigt une maison sur l’avenue de Gáldar.

En 2021, la procure a requis contre lui une peine de onze ans de prison. Au tribunal, Daivaras a contesté sa culpabilité, mais a été finalement condamné à trois ans et demi pour détention illégale, vol avec violence et blessures. “Je ne me reconnais pas dans les faits”, a-t-il seulement déclaré.

Le récit des victimes

Francisco Bolaños, le fils, a expliqué lors du procès qu’il regardait la télévision avec sa mère lorsque l’un des assaillants l’a frappé à la tête. Il s’est évanoui et, à son réveil, se trouvait déjà ligoté. Il a précisé que les agresseurs avaient un accent qu’il ne pouvait pas identifier. De son côté, Ana, la mère, a même simulé une perte de conscience pour éviter davantage de coups, se rappelant cette nuit avec l’angoisse de laisser ses sept autres enfants orphelins.

Le lituanien devait également indemniser la famille de 500 000 euros, montant volé, en plus de diverses sommes pour les blessures subies. Avant son incarcération, il avait disparu, vivant en intellectuel des ombres, jusqu’à être récemment rattrapé par la justice.

Points importants à retenir

  • Le cas remonte à 2002 et reste marqué par l’absence d’identification des complices.
  • Le lituanien Siugzda Daivaras a été arrêté 24 ans après les faits.
  • Les victimes ont souffert de traumatismes durables à la suite de l’agression.
  • La procure a longtemps peiné à retrouver des preuves, ce qui complique les enquêtes sur les crimes similaires.
  • Les indemnités versées par l’agresseur soulignent la nécessité d’une justice réparatrice.

En tant que journaliste, je ne peux m’empêcher de réfléchir à la manière dont la vie de ces victimes a été bouleversée par une seule soirée de cauchemar. Cela nous rappelle non seulement la fragilité de la sécurité, mais aussi l’impact durable que des actes de violence peuvent avoir sur une famille, forgeant non seulement leurs souvenirs mais aussi leurs relations. Alors que la justice semble aujourd’hui rattraper l’agresseur, la question demeure : que peut-on faire pour mieux protéger nos communautés contre de tels actes à l’avenir ?



Votez pour cet post

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *