«Un camion m’a heurté et s’est enfui, il aurait pu me tuer». Luis est un jeune Urugayen qui vit à Mallorque depuis plusieurs années. Le jeudi 26 février, alors qu’il se rendait au travail comme tous les jours, il circulait sur la voie de ceinture dans son Peugeot. À hauteur du kilomètre 7, un camion de grande taille a envahi sa voie, provoquant une collision latérale qui a gravement endommagé son véhicule et causé quelques blessures légères. D’après le témoignage de Luis, « le camionneur s’est arrêté quelques mètres plus loin, a inspecté son véhicule, puis est reparti ».
Dans le choc, le jeune homme n’a pas eu le temps de visualiser la plaque d’immatriculation parce qu’il était désorienté après avoir fait un tête-à-queue suite à l’impact. « Je ne sais pas s’il ne m’a pas vu ou s’il était sous l’emprise de l’alcool ou de drogues. J’imagine que c’était un camionneur qui venait d’un des ferries de la péninsule, il y en a souvent à ces heures-là », a-t-il déclaré.
Peu après l’accident, la police locale de Palma et la garde civile du trafic sont arrivées sur les lieux. Luis a indiqué que la Benemérita lui avait montré une caméra de surveillance, mais celle-ci ne filmait pas l’accident, se trouvant quelques mètres avant le choc.
Au-delà de cette aide initiale, il s’est senti « démuni » face à la situation. « Personnellement, cela me déçoit un peu, j’ai quitté l’Uruguay où les choses ne vont pas bien, et on m’a dit qu’en Europe tout était plus développé. Je suis reconnaissant d’être ici, mais on se sent peu soutenu dans ces cas-là », a-t-il ajouté.
Luis, décrivant son caractère comme celui d’un homme « travailleur », a souligné qu’en raison de sa situation économique, il ne disposait que d’une assurance au tiers. Comme le camionneur a pris la fuite, si on ne le retrouve pas, il devra assumer les frais de réparation de son véhicule, sévèrement endommagé sur tout le côté gauche, incluant les deux portes, le pare-chocs et les ailes.
Ironiquement, Luis travaille dans un atelier de carrosserie, là où son véhicule est actuellement immobilisé en attendant qu’il puisse payer les réparations. Il a précisé qu’il devait compter sur ses collègues pour l’aider à se déplacer, mais qu’il était souvent contraint de prendre le bus et le train pour se rendre de chez lui à son travail.
Luis a conclu en exprimant son sentiment de « frustration » : « Je suis un travailleur ordinaire, un manoeuvre. Je me lève tous les jours pour travailler, je paie une assurance, et ensuite c’est à moi de réparer ma voiture, c’est vraiment triste. Mais au moins, je vais bien, souvent je transporte des enfants, je n’ose même pas imaginer ce qui aurait pu arriver ».
Points importants à retenir
- La victime a subi des blessures légères suite à l’accident.
- Le camionneur a pris la fuite, laissant Luis sans moyen de recours pour ses réparations.
- Le témoignage souligne une forme de sentiment d’insécurité et de manque de soutien face aux incidents sur la route.
- La situation économique de Luis l’empêche d’avoir une couverture d’assurance complète.
- Il travaille dans un secteur automobile, ce qui ajoute une ironie à sa situation.
En tant que journaliste, je me retrouve souvent face à des récits qui révèlent les fragilités de notre société. L’histoire de Luis n’est pas juste celle d’un accident, mais plutôt un miroir des défis auxquels sont confrontés de nombreux travailleurs. Comment peut-on prétendre à un progrès quand des personnes comme lui se sentent abandonnées après un incident aussi grave ? Il est crucial de donner une voix à ceux qui en ont besoin et d’appeler à une amélioration du soutien aux victimes d’accidents de la route.





