L’arithmétique glaciale du comptage des oiseaux

L'arithmétique glaciale du comptage des oiseaux
Hibou des neiges
Un hibou des neiges photographié dans le Minnesota. Photo par Stan Tekiela

Chaque année, pendant une période de deux semaines autour de Noël, je participe à un événement traditionnel appelé le « Christmas Bird Count », ou CBC. Il s’agit d’une initiative mondiale où des bénévoles se consacrent à une journée de comptage des oiseaux dans une zone bien définie.

Pour mieux comprendre, jetons un œil sur l’histoire. À la fin du XIXe siècle, il était courant d’organiser des « chasses de Noël », où les familles ou amis s’affrontaient dans un concours pour abattre le plus d’oiseaux et de petits animaux, y compris des oiseaux chanteurs.

En 1900, un ornithologue, Frank Chapman, membre de la jeune Audubon Society, a suggéré qu’au lieu de tuer des oiseaux à Noël, nous devrions les compter, comme une sorte de recensement. Ainsi, en cette première année, 27 ornithologues ont compté les oiseaux dans 25 localités à Toronto, Ontario, et à Pacific Grove, Californie. C’est ainsi que le CBC a vu le jour.

Aujourd’hui, près de 100 000 bénévoles participent chaque année à ce projet, faisant du CBC l’une des plus grandes initiatives de science citoyenne au monde. Cette collecte de données se concentre principalement sur l’hémisphère occidental, s’étirant du Canada aux États-Unis, en passant par l’Amérique Centrale jusqu’aux Caraïbes. En Europe, un comptage similaire existe, bien qu’il soit beaucoup plus modeste et géré par plusieurs groupes.

Ce projet est-il véritablement significatif ou est-ce juste un prétexte pour les passionnés d’ornithologie de se retrouver et d’observer des oiseaux ?

Les informations recueillies par l’Audubon Society constituent des données solides qui aident les chercheurs, les agences de la faune et les ornithologues à étudier les tendances de population, la santé et le déclin des oiseaux en Amérique. Ces données sont cruciales pour orienter les décisions concernant la protection des espèces, des habitats et des enjeux environnementaux.

Les résultats du CBC ont été intégrés dans de nombreuses politiques et lois environnementales majeures. Aujourd’hui, ils servent également à suivre les effets du changement climatique sur les populations d’oiseaux.

Pour ma part, j’ai un secteur spécifique à observer, incluant un grand aéroport métropolitain et ses environs. La journée était très ensoleillée mais frileuse, avec des vents violents. Le vent n’est jamais vraiment un allié lorsqu’il s’agit d’observer les oiseaux, surtout par temps glacial.

Au cours de cette journée de 6 heures et demie, j’ai dénombré des centaines d’oiseaux, la plupart étant assez communs. Mais de temps à autre, on rencontre une espèce qui justifie amplement tous ces efforts.

En scrutant une zone dégagée avec mes jumelles, j’ai aperçu un contour marqué sur la neige fraîchement tombée. À distance, j’ai d’abord pensé qu’il s’agissait d’un simple amas de neige. Cependant, en m’approchant, j’ai vu cette forme tourner la tête, révélant ainsi deux yeux jaunes plissés. C’était bien un hibou des neiges adulte cherchant refuge derrière une colline de neige.

J’ai réussi à capturer quelques images sans le déranger. Ce fut une expérience mémorable lors de ce CBC.

Si vous envisagez de participer au CBC, renseignez-vous auprès des clubs d’oiseaux locaux ou de l’Audubon Society. L’expérience vaut vraiment la peine.


Points importants à retenir

  • Le CBC a commencé en réaction à des pratiques de chasse d’oiseaux jugées inappropriées.
  • Près de 100 000 bénévoles participent annuellement, témoignant de l’engagement collectif envers l’environnement.
  • Les données recueillies ont un impact direct sur les politiques environnementales.
  • Participer à ce projet peut maintenir notre lien avec la nature et renforcer notre conscience écologique.
  • Observer les oiseaux offre des moments de découverte inattendue et enrichissante.

En tant qu’observateur, je ne peux m’empêcher de penser à l’importance de tels projets. Chaque oiseau compte et chaque observation peut aider à forger un avenir meilleur pour notre planète. En réfléchissant à cette expérience, je me demande quel est notre rôle dans la sauvegarde de la biodiversité. Quel héritage laissons-nous aux générations futures ? C’est une question qui mérite d’être posée et explorée.



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