coupure internet au Gabon

Débrancher internet pour faire taire les citoyens au Gabon

2 minutes

Contexte 

L’élection présidentielle du 27 août 2016 au Gabon a été l’occasion pour les Gabonais d’expérimenter une nouvelle forme d’engagement citoyen et populaire : la cyberdémocratie.

Si elle traduit l’utilisation des techniques de l’information et de la communication comme l’Internet afin d’améliorer le processus démocratique au sein même d’un pays dit démocratique, dans les faits cette notion s’est heurtée à une réalité accablante : la coupure de l’accès au réseau.

En effet, dans l’après-midi du 28 août 2016, soit deux jours avant la proclamation des résultats officiels par la commission électorale, les utilisateurs de forfaits mobile et d’accès à internet ont vu leur accès au réseau coupé.

Privation de communiquer

Malgré le démenti du Ministère de l’Intérieur dans un communiqué publié dans la nuit du 28 au 29 août 2016 et selon lequel « L’Etat gabonais n’a pris aucune mesure de blocage des réseaux de télécommunications et d’Internet », les citoyens gabonais subissent un couvre feu pour l’accès à Internet et à la messagerie.

Sachant que le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies a reconnu le caractère fondamental du droit à la liberté d’expression et à l’accès à l’Internet, et considérant l’apport de l’Internet dans les activités quotidiennes d’un pays, d’une entreprise et d’un individu, nombreux sont les Gabonais qui se posent la question de savoir à quoi est dû le rétablissement du réseau dès 6h du matin et sa coupure en fin de journée, soit 18H.

Une forme d’horodateur s’est miraculeusement mise à réguler l’accès au réseau et l’intensité de celui-ci, obligeant certains utilisateurs à télécharger des applications de type VPN afin d’accéder aux réseaux sociaux. Il faut préciser qu’en dépit du minutage de l’accès à Internet, le réseau subi des restrictions et ne permet pas actuellement de surfer sur les réseaux sociaux traditionnels (Facebook, Whatsapp, Twitter).

Les espaces d’expression citoyenne sont barricadés et les confrontations d’opinions sont désormais le privilège de ceux qui, par des moyens détournés, ont accès au réseau Internet.

La messagerie traditionnelle (SMS) est, à ce jour, non opérationnelle. Il est impossible de s’échanger des messages, seuls les appels sont possibles. Quid des populations à faibles revenus et de certains sourds et muets pour qui les SMS sont le seul moyen de communication ?

Voici l’état dans lequel se trouve l’expression et la participation citoyenne des Gabonais dans les enjeux politiques actuels.

Nous vous prions de relayer le hashtag #FreeInternet afin de faire entendre nos voix et faire respecter le droit à l’expression du peuple gabonais.

Photo: France TV Info

 

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