Cessons d’accuser le “gouvernement” de tous les maux !

    “Le gouvernement doit…” ! “Il faut que le gouvernement…”! “C’est parce que le gouvernement n’a pas…”!

    Je n’en peux littéralement plus de ces affirmations. Le “gouvernement” est accusé de tous les maux, qu’ils soient d’ordre politique, économique ou social. Il est accusé d’absolument TOUT.

    Personne n’estime avoir de devoirs civique ou civil. L’indiscipline règne. Befoune

    Au Cameroun, comme dans de nombreux pays, les dirigeants ne sont pas exemplaires , mais quoi qu’on puisse dire, ce “gouvernement” dont on se plaint tant ne devrait endosser que la moitié (pour ne pas dire le quart) des torts. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’est que le reflet de la société.

    Personne n’estime avoir de devoir civique ou civil. L’indiscipline règne. On frise parfois l’anarchie. Aucune règle n’est respectée et tous les efforts (je le crie haut et fort, des efforts sont fournis!!!) de ce gouvernement sont minés par ceux-là même qui veulent sa tête. Les exemples sont légions dans les journaux télévisés de Canal 2 et d’Équinoxe TV. Je n’en citerai que deux.

    Prenons le cas des inondations en saison des pluies : des quartiers noyés par les eaux, des pertes matérielles énormes et parfois même en vies humaines. Le gouvernement est blâmé par 98% des personnes interviewées. Personne ne reconnait avoir construit sa maison dans une zone marécageuse malgré la panneau assez grand pour être visible de tous sur lequel il est inscrit “Zone marécageuse, INTERDIT DE CONSTRUIRE ICI”. Personne ne reconnait avoir construit un triplex sur une fondation conçue pour un étage. Personne. C’est le gouvernement.

    “Nous payons des impôts, le gouvernement doit faire son travail !” Befoune

    Insécurité routière. Les panneaux de signalisation n’intéressent que très peu d’automobilistes. Les feux rouges sont considérés comme des pertes de temps. Les passages cloutés (quoique rares, je dois l’avouer…) sont invisibles des piétons qui traversent la chaussée partout et nulle part à la fois sans se soucier de leur propre sécurité. Les bars pullulent autour des gares routières, et les chauffeurs y “tuent le temps” avant le départ. Tout ça ne compte pas. Les accidents de la route sont imputés au gouvernement.

    La réponses que j’obtiens le plus souvent lorsque j’ose demander en quoi est-ce sa faute exactement est la suivante : “Nous payons des impôts, le gouvernement doit faire son travail !” Il est bien joli de se plaindre de ce que ce fameux gouvernement ne fasse pas son travail, mais nous que faisons nous ?

    Une société civile active impulse son énergie à son gouvernement.Befoune

    Nos droits sont bafoués la plupart du temps et on en rajoute une couche en bafouant nous-mêmes nos devoirs. “Le pays n’évolue pas !” Nous nous plaignons à longueur de journée de l’inaction du gouvernement : il ne fait pas ce qu’il doit faire ET il ne fait pas ce que nous devons faire. N’est-il pas préférable de prêcher par l’exemple ? Une société civile active impulse son énergie à son gouvernement.

    Il est vrai que l’oppression existe, mais sommes-nous aussi opprimés au niveau de nos devoirs ? Quand sommes-nous devenus aussi dépendants ? Si le gouvernement ne fait rien, rien n’est jamais fait. Et quand bien même ce serait sa faute, notre seule participation à l’évolution de nos sociétés se limite au vote, sachant que près de la moitié de la population ne vote pas. De quoi nous plaignons-nous donc ? De l’inactivité de personnes que nous n’avons pas élues ?

    Nos attitudes, nos actions et nos réclamations doivent être revues. Seul celui qui agit comme il se doit a le droit ET le devoir de se plaindre. Que les autres se taisent.

    • Befoune

      Befoune is the Founder and Editor in Chief of Elle Citoyenne. She is passionate with Citizen Participation, especially at the social level.

    • Show Comments (20)

    • Atome

      J’épouse entièrement ta position.
      Nous passsons le temps à accuser le gouvernement, Mais que faisons nous pour nous même. Légèreté, paresse. Regardez comment nous vivons dans la saleté attendant carrément que hysacam passe nettoyer. Honnêtement, les gens exagèrent

      • Elle Citoyenne
        Elle

        Je l’ai toujours dit, nous devons cesser de nous plaindre si nous ne pouvons faire mieux à notre petit niveau.

    • Bifaka

      Je partage bien des pans de l’analyse de Ellecitoyenne.
      Je souhaiterais y apporter un regard différent face à ceux qui pensent que c’est la tête qui devrait insuffler à la société civile ou à la population.
      Le véritable patron du Rwanda n’est pas Kagamé tout comme le véritable patron du Congo n’est pas Sassou. Le véritable patron de n’importe quel pays dans le monde est le PEUPLE de ce pays. C’est parce que le PEUPLE est ignorant de son pouvoir que certains de ceux qui ont étés élus peuvent se permettre de ne pas donner des exemples positifs.
      Si le peuple veut réellement une amélioration de ses conditions de vie dans les domaines de l’éducation, sante, économie, etc il se lèvera et l’obtiendra. Aucune armée ne peut vaincre un PEUPLE déterminé au changement (le cas Burkinabè l’illustre très bien).
      Je trouve juste le point de vue de l’auteur quand elle dit peut être différemment que moi que nous n’avons que les dirigeants que nous méritons. On ne peut pas ad vitam aeternam s’asseoir et attendre que le gouvernement ou l’administration règle les problèmes de quotidien de vie.
      Pour la lutte contre Boko Haram, sans l’intervention du gouvernement, des comités de vigilance initiés par les citoyens ont spontanément vus le jour. Voilà comment j’ai compris le sens de cet article.
      Que faisons-nous au petit niveau ou nous sommes pour améliorer les choses ?
      Un dicton dit : « on a toujours besoin de plus petit que soit » alors tous autant que nous sommes même minuscules par rapport à la taille de nos pays nous pouvons apporter à notre petit niveau

      • Elle Citoyenne
        Elle

        “Pour la lutte contre Boko Haram, sans l’intervention du gouvernement, des comités de vigilance initiés par les citoyens ont spontanément vus le jour. Voilà comment j’ai compris le sens de cet article. Que faisons-nous au petit niveau ou nous sommes pour améliorer les choses ?” Cette partie résume parfaitement ma vision.

    • joseyphina

      Très intéressant. C’est bien dit.

    • Peter Tchagop

      Lucxsam
      J’aime beaucoup votre expression; j’apprends en vous lisant. Merci!!!
      Chacun fait sa part c’est vrai, mais celui qui est en haut impose à celui du bas à suivre une ligne directrice, celle qui impose le respect des lois. Croyez vous vraiment que les citoyens d’occident sont devenues aussi civilisés du jour au lendemain sans oppression, sans rigueur de celui qui est en haut ayant imposé des règles à suivre à ceux du bas? Vous pensez sincèrement que les Camerounais un jour deviendront les citoyens modèle comme vous défendez si chèrement simplement qu’un soir chacun ce dira à partir de demain matin je respecte la loi je marche comme il est prescrit? N’est il pas mieux d’être réaliste et de faire la différence entre ce qu’on souhait et la réalité des faits. La réalité est que le citoyen que vous souhaitez n’existera jamais sans institution et gouvernement très fort.

      • Elle Citoyenne

        Malgré que tout me pousse à perdre espoir, je continue de croire qu’il est possible d’insuffler au Camerounais l’amour et le respect de sa condition de citoyen.

    • Peter Tchagop

      Anne Marie Befoune,
      Je partage ton analyse dans une certaine mesure, situons bien le contexte de l’un des pays t’as pris comme exemple, je parlerai du Congo Brazzaville que je connais un peu mieux pour avoir séjourner deux fois. C’est tout sauf un pays démocratique, un pays ou il est obligé d’avoir chez soi un tableau à l’effigie du président sous peine d’amende. C’est vrai que depuis une décennie déjà Sassou à lancer plusieurs grands projets grâce à sa nouvelle politique de développement qui booste l’économie de ce pays. Et le peuple suit la ligne directrice imposer par son gouvernement, ça marche.
      On peut voir le même exemple au Rwanda où le grand Kagamé a imposé une vraie politique de développement avec une lutte sans pitié contre la corruption, le peuple a adhéré et a suivi son gouvernement et nous voyons les résultats, ce pays est de venu l’exemple en Afrique.

      Si la lutte contre la corruption était poussé dans ce pays et le pouvoir faisait appliquer les lois, jamais je n’allais me permettre de griiler les feux rouges et par la suite corrompre le policier de peur d’être durement frappé, ah ça jamais. C’est le gouvernement qui impulse la lutte contre la corruption et le peuple obéi. Le Peuple n’est certes pas le mouton du gouvernement, mais le peuple suit aussi son Berger qui est le gouvernement.

      • Elle Citoyenne

        Peter Tchagop quand je parle “des” Congo, je ne parle pas des (pseudo) réalisations des présidents, mais des actions citoyennes entreprises pour le VERITABLE changement. Je parle ici de Sassoufit , de Filimbi , de la Lucha , ou encore du tout récent https://twitter.com/search?q=front%20citoyen%202016&src=typd . Ces citoyens font valoir leur droit de regard et ouvrent les yeux à leur compatriotes. Toutes les actions ne sont peut-être pas des réussites, mais ils font trembler les choses et les dirigeants le ressentent. Sassou Nguesso qui change la date des élections en est la preuve. Le citoyen est à la base de tout, il dirige tout. C’est bien dommage que très peu de gens le comprennent et pensent que les rênes sont entre les mains de la centaine de dirigeants à leur tête.

        Je suis bien triste de lire que des feux sont grillés et le seront jusqu’à ce que des coups de batons soient administrés.

    • Łëšş īś møře (@lucxsam)

      Agepeet

      Les protagonistes de ton argumentation, A Mot’ et Margaret Tatcher n’auraient jamais pu avoir ces impacts sur le plan décisionnel s’ils n’avaient pas été de bons citoyens. Je doute fort que leur rigueur et leur probité morale se soient révélées le matin suivant leur « nomination » .Les bons leaders, les bons décideurs, les bon dirigeants procèdent inéluctablement d’une bonne citoyenneté.

      La Corruption que tu sérines est entretenue par les mauvais citoyens ; plus il yen a, plus elle est généralisée, ce d’autant plus que les citoyens irresponsables se retrouvent des deux côtés : celui des dirigeants et celui des administrés. Aucun pour rattraper l’autre. La solution ? (pour la corruption comme pour trous les autres phénomènes nocifs) Une citoyenneté assainie, une gestion responsable à la base, qui suivra logiquement dans les agissements une fois que le simple citoyen se retrouvera aux commandes de quelque unité que ce soit.

      Dans la cité, tout se passe entre citoyens ; ceux d’en haut et ceux d’en bas. Vu qu’ils ont la même culture en réalité, tous se comportent pareils. Ceux d’en haut comme ceux d’en bas ont la même attitude face des situations similaires. Tiens : Dans une famille de 6 enfants éduqués dans le mépris des règles de bienséance, le père de la famille décide de nommer un « leader ».Eh bien quelque soit le leader qui sera nommé on a 99,99% de chances qu’il soit quelqu’un d’impoli. On va donc attendre d’un malpoli qu’il apprenne la politesse à d’autres malpolis (bonne chance pour éradiquer l’impolitesse).

      Tout est question de culture et de philosophie qui devraient s’appliquer non pas aux dirigeants, mais aux citoyens (dirigeants inclus).Voilà pourquoi blâmer le gouvernement à tout va ne peut être que gesticulation inutile. Le bon ordre c’est de commencer par soir même : Exiger du gouvernement ce que l’on a déjà fait soi même en tant que citoyen.

      Au-delà de cela, on devrait (cela est vrai) s’assurer que les leaders élevés soient effectivement des élites sur le plan moral. C’est cela qui peut apporter un début de garantie de la qualité des décisions tant et tant fustigées par les citoyens non responsables (ou irresponsables).

    • Peter Tchagop

      Je partage tout à fait, la responsabilité du citoyen au vue de vos analyses si bien détaillées sur le développement, la citoyenneté de nos États, la construction de l’Afrique et du Cameroun en particulier.

      Cependant la réalité est bien différente,évitons d’obscurcir cette réalité au détriment du citoyen irresponsable, grincheux, pleurnicheur qui rends le gouvernement responsable de tout et partout. Aucun peuple au monde est devenu responsable, le citoyen modèle par son faite, par sa volonté, aucun peuple. C’est l’application rigoureuse des lois sans dérogation pour personne par le gouvernement qui transforme un citoyens rebelle en un citoyen modèle. Au point ou les règles de citoyenneté deviennent un réflexe et une bonne habitude de tous les jours.

      Restons dans les deux exemples cités plus haut par AMB et corroboré par la suite par vous Lucxsam.
      Les citoyens ne respectent pas les panneaux, grille les feux etc c’est un fait. Ceci étant ce sont des infractions qui ont des amendes prévues. Une fois au Carrefour terminus à Douala, j’étais positionné derrière une Prado qui s’est engagée à griller le feu rouge alors je me suis dit voilà une bonne couverture et je l’ai suivie. La Prado je ne sais toujours pas si elle était devenue invisible de toute manière j’ai été interpellé et mon permis saisi par le policier en faction. Au finish un 2kolo a fait l’affaire et la vie a continué. Je rappelle que l’amende est de 25,000frs. Si ce policier avait appliqué la loi avec rigueur, il aurait fait entrer 50, 000frs dans les caisses de l’État et surtout éduquer avec fermeté deux citoyens. Un seul mot “CORRUPTION”. Par contre un autre policier Amote comme on l’appelle amicalement ici à Douala, un des policiers qui fait bien son travail dans cette ville. Quand ce gars dirige la circulation même les gros fauteurs de désordre et trouble Benskineurs (moto taxi) sont au respect. Simplement par ce qu’il est très rigoureux et ne fait assertion de personne . Quand j’étais au Bénin j’ai été impressionné de voir, les automobilistes respecter le feu rouge y compris les motos taxi qui ne roulent pas sans casque avec une discipline totale. Alors j’ai posé la question à un motoman qui a été honnête en répondant: ” Au début c’était pas ainsi, la mairie a fixé l’amande à 20, 000frs et 7 jours à la fourrier, le maire lui-même descendait parfois dans les carrefours avec la police, ils étaient très rigoureux et violent. Maintenant même sans police tout le monde s’arrête”.

      C’est vrai que le gens vont construire dans les zones à forte risque d’inondation et on est souvent surpris de voir une plaque ou il est inscrit “Interdiction de construire CUD”. Mais la surprise est encore plus grande quand on se rend compte que parmi ses maisons plusieurs ont payé et obtenu le permis de bâtir à la mairie, comment et pourquoi? Le même mot reviens “CORRUPTION”
      C’est vrai AMB, les bars (débit de boisson) pilules au alentours des gars voyageurs et routières, qui attribue les licences d’exploitations, à quoi sert la prévention routière à la sortie des villes sans test d’alcoolémie? Prévention routière qui le plus souvent n’interpelle même pas les bus d’agence de voyage. Encore ce mot si chère à ce Cameroun “CORRUPTION”.

      Qui entretien la corruption c’est le gouvernement, le gouvernement à lui tout seul en refusant d’appliquer ses propres lois avec la plus grande rigueur et fermeté. Quand la loi est sans pitié avec vous, vous devenez un vrai et bon citoyen et après des années cette crainte de répression devient un réflexe et une bonne habitude et attitude qu’on ne perd plus.
      Dans les années 80 on a vu comment le premier ministre Anglais Maguerite Tchatcher est partie en guerre contre les violences dans les stades, une fois elle a suspendu le championnat pendant un an. Regardons comment un peuple rebelle et violent est devenu un peuple modèle aujourd’hui, pendant les rencontre de football le spectateur est presque coller à l’ère de jeux.

      Les lois existent que le gouvernement applique et mette en pratique avec une fermeté totale. Sinon ce gouvernement du Cameroun restera le seul et l’unique responsable de tous nos problèmes et malheurs. Et on restera sur cette citation: “Dans le pays des hors la loi ce sont ceux qui font la loi qui deviennent des hors la loi”…

      ON EST ENSEMBLE comme on dit Amicalement au Cameroun!

      • Elle Citoyenne

        Peter Tchagop tu as parfaitement raison et tout ce que tu dis fait du sens. C’est un cercle vicieux. Toutes ces incohérences nous ramènent à la même question: à qui la faute ? De nos discussions passées et de ce commentaire je déduis que tu l’imputes aux dirigeants, et tu as tout à fait raison, mais je ne le dirai jamais assez : avant de “diriger”, le “dirigeant” est un citoyen. Il n’est pas un être providentiel investi d’une mission divine. Il est issu du peuple. Seule une personne consciente de la notion de citoyenneté peut avoir à coeur l’intérêt des citoyens qu’il dirige. Je ne parlerai même pas de diriger, mais plutôt de porter la voix du peuple. Tout ceci peut sembler utopique, mais c’est ce qui est. L’intérêt personnel passe avant tout, et ce à tous les niveaux de la société, et la corruption n’est qu’une des nombreuses manifestations de cet intérêt. Le dirigeant n’est que le reflet de son peuple. Un dictateur “éclairé” n’est pas forcément la solution étant donné que la dictature s’oppose à la démocratie que nous souhaitons tous.

        Le dirigeant à la base est l’employé du peuple, il n’est pas son berger. Un peuple actif et conscient peut changer beaucoup de choses. Peut-être pas tout, mais beaucoup de choses. Pourquoi les choses bougent au Congo, quelque soit le Congo? A cause de l’action du peuple. La grande partie du pouvoir de ces dirigeants corrompus dont tu parles est due au désintérêt du peuple qui se débarrasse de ses devoirs dans l’isoloir, quand bien même il y va. Qui a-t-on obligé à rendre comptes? A s’expliquer? Qu’attendons-nous? Le nouveau Thomas Sankara qui nous sortira de cette situation?

        Tu parles de corruption. L’acte de corruption nécessite un corrompu et un corrupteur, deux personnes consentantes (à ne pas confondre avec l’extorsion). Pourquoi ne blâmer que le corrompu. Toi même qui a donné ces 2000 francs à l’agent de police est aussi coupable que lui. La corruption est devenue normale pour tous, corrupteurs et corrompus, parce qu’elle facilite absolument tout. Une tracasserie ? On paye et c’est terminé. La police est corrompue. Qui la corrompt? Le gouvernement?

        Pour ce qui est des lois, elles sont créées par des hommes pour des hommes, pas par un gouvernement pour les imposer au peuple. Ca ne marche pas comme ça.

        ON RESTE ENSEMBLE, sans aucun doute.

    • Łëšş īś møře (@lucxsam)

      De manière générale, rejeter aveuglement la responsabilité c’est renforcer le pouvoir de celui sur qui on la rejette ; il réalise à quel point il peut faire et défaire celui qui l’accuse à tort ou à raison. Il devient maître de la destinée de celui qui l’accuse encore et toujours. Et au bout d’un moment : « le chien aboie et la caravane passe » ; le « le gouvernement devrait… » devient un moustique que le gouvernement chasse d’un geste a peine conscient.

      En blâmant le gouvernement on endort sa propre responsabilité et son pouvoir d’agir sur les questions essentielles et mineures, les plaintes et complaintes deviennent un reflexe et la léthargie devient une manière d’exister. Répétez après moi : « en blâmant le gouvernement pour tout ce qui nous arrive on est plus citoyen, on est léthargique. »

      Cela ne veut pas dire que le gouvernement n’a jamais tort mais , le meilleur moyen d’agir sur les « fautes » ou « erreurs » du gouvernement serait d’agir de manière citoyenne et responsable, que la faute ou l’erreur se manifeste par les actes positifs du plaignant plutôt que par ses mots qui parfois sont aussi hypocrites que les motivations qui les entraînent. Draper les gouvernements d’une citoyenneté immaculée pour que la moindre tâche, le moindre méfait soit comme une verrue sur le nez, en plein centre du visage d’une adolescente le soir de son bal de promo, comme une tâche sur le vêtement de baptême d’un enfant avant son entrée à l’église.

      Oui, « on ne redresse pas une injustice en la taisant » (je cite Kery James) , mais il n’y a pas de parole plus puissante qu’un simple acte de justice.

      • Elle Citoyenne

        Lucxsam je n’ai pas les mots… Je n’ai pas les mots… Tu as tout dit!!!

    • Łëšş īś møře (@lucxsam)

      embouteillage: “ya pas de policier” comme si c’est la police ou l’absence de police qui la causait…

      • Elle Citoyenne

        Nous avons fait des moutons de nous mêmes. Nous voulons être dirigés, nous exigeons l’oppression pour “marcher droit”. Combien de fois ai-je entendu “seul un dictateur peut faire changer ce pays!” Je crois que peu de gens réalisent vraiment ce qui se passe.

    • Łëšş īś møře (@lucxsam)

      Hier midi je prends mon taxi au niveau de T Bella où je travaille pour le lieu dit Immeuble JACO (les habitants de Yaoundé et habitués de la zone reconnaîtront):« 100 frs immeuble JACO » l’approbation du lieu et de la rémunération prend dans ces cas la forme d’un « piiip » qu’on souhaite et devine très fort dans son esprit (c’est Décembre le soleil ne blague pas) raison pour laquelle j’accepte de « bacher » (se mettre a deux ou à plus à une place reservée pour une seule personne) le siège passager avec un Monsieur de forte envergure…Dieu merci il descend quelque mètres plus bas et là je me dis ça va sauf que…

      Carrefour intendance : Ca circule bien de tous les côtés sauf au rond point, un embouteillage est en gestation; « Il est midi et ya pas de policier » te dira facilement un usager champion des plaintes contre le gouvernement, comme pour dire que c’est le gouvernement et la police qui enseignent la politesse, le bon sens et la courtoisie par ce que l’embouteillage est causé ici par un chauffeur qui préfère bloquer une voie et forcer un passage vers un espace qui n’est pas encore disponible (obligé de rester en travers d’une voie qui mène à un espace disponible) mais bon .. ya pas de policier on fait ce qu’on veut.

      Le taximan (chauffeur de taxi en camerounais) me fait remarquer un accident à la montée qui mène à la Camair-co ; une voiture est fièrement posée sur le côté les quatre fers en l’air (ne me demandez pas comment cela a pu être possible a midi dans une zone de grande circulation).

      Avant de continuer je rappelle le contexte : 1 Le Cameroun subit en ce moment les attaques répétées de la secte Boko Haram lesquelles attaques causent des centaines de morts, et les villes de Yaoundé et Douala vivent dans la psychose de leurs premières attaques. 2 Il est de notoriété publique au Cameroun (même hors contexte terrorisme) que les véhicules civils ne doivent pas garer ou stationner devant un édifice militaires ou policier. Bien… « Mon » taximan en passant devant l’Etat Major de l’armée de terre distingue un client qui le « stoppe » pour une autre destination a 100francs. Je m’empresse de lui souffler « on ne gare pas là ». Et lui de me répondre : « c’est juste pour prendre ce client » (et il créa SON exception). Nous n’avions pas terminé notre échange qu’un militaire en faction lui faisait un signe du doigt : « pars de là, ne tente même pas de garer là » (c’est ce que moi j’ai compris). En obtempérant le taximan se lance dans un : « Aaaaah !!! les gens ci exagèrent, le sissia (abus de pouvoir) ci est déjà trop !!!! »

      -Moi : Mais chauffeur c’est un édifice militaire tout le monde sait qu’on ne gare pas là
      -Taximan : est ce que je voulais garer, je voulais stationner !!!
      -cliente : C’est quoi l’espèce de différence ??????? On te dit qu’on ne gare pas là et tu le sais
      -Client : Je suis d’accord, mais le problème c’est aussi qu’il ya des marques au sol qui indiquent le stationnement, à ce moment là on ne sait plus…
      – Taximan : D’abord même c’est écrit où que c’est interdit de garer là ?
      -Moi : … c’est dur d’être dirigeant respectueux des droits de l’homme dans ce pays, Popaul (Paul Biya) est fort. C’est simple pourtant on ne gare pas là…
      -Cliente : Pourquoi vous avez la tête dure (têtus) comme ça ?
      -Taximan :Madame ne m’insultez pas…

      Tiens je suis arrivé à destination….

      • Elle Citoyenne

        Lucxam, par cet exemple tu as illustré de la manière la plus parfaite ce que je m’évertue à dénoncer. Toute règle est considérée comme une oppression, Le fait qu’elle soit établie non seulement pour maintenir l’ordre mais également pour le bien de tous n’intéresse absolument personne. “Je fais ce qui m’arrange, c’est rapide, ce n’est pas un problème!” Comment considérer une règle établie dans le but de prévenir des actes terroristes comme un abus de pouvoir? On trouve des synonymes pour légitimer son action : il ne se gare pas, il stationne! Tout ceci me sidère. Et ce n’est qu’un exemple parmi des millions d’autres au quotidien. Mais ce n’est pas bien grave, étant donné que le “gouvernement” doit….

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