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Le véritable message citoyen au Cameroun passe par les listes électorales !

8 minutes

Les élections consistent en la désignation de représentants par un corps d’électeurs. Dans le champ politique démocratique, cet exercice est un processus majeur à travers lequel les populations accordent leur suffrage à des élus à qui ils donnent la charge d’exercer leur pouvoir au sein des assemblées ou du gouvernement. Les élections permettent donc aux citoyens de choisir leurs gouvernants : ceux parmi eux qui concevront, voteront et mettront en application les lois au nom de tous. Dans une démocratie, les élections sont le moyen et l’outil d’approbation et/ou de sanction des pouvoirs exécutif et législatif. Actuellement au Cameroun, nous distinguons trois principaux types de consultations électorales hors référendum :

  • Les élections présidentielles, avec un suffrage universel direct et secret, pour un mode de scrutin uninominal (un seul candidat) et majoritaire à un tour ;
  • Les élections sénatoriales, avec un suffrage universel indirect et secret, pour un mode de scrutin de liste et mixte (majoritaire et proportionnel) à un tour et,
  • Les élections municipales et législatives, avec un suffrage universel direct et secret, pour un mode de scrutin de liste et mixte (majoritaire et proportionnel) à un tour.

Les suffrages directs sont l’occasion licite accordée à tous les citoyens jouissant de leurs droits civiques d’exprimer leur avis en glissant le bulletin dans l’urne. Il s’agit avec les référendums, des modes d’expression suprêmes de la volonté populaire. Les suffrages indirects permettent quant à eux, au corps électoral, d’élire un collège restreint qui désignera à son tour les représentants du peuple. C’est notamment le cas du collège des conseillers municipaux et régionaux qui élisent les sénateurs de la République du Cameroun.

Le vote est le mode d’exercice par excellence de sa citoyenneté en ce sens qu’il permet d’exprimer son opinion sur les décisions fondamentales qui influencent notre vie. Hiram S. Iyodi

S’agissant du mode de scrutin, il est dit majoritaire lorsque la totalité des sièges sont accordés au candidat ou à la liste ayant obtenu la majorité des voix. Cette majorité peut être absolue (candidat ou liste ayant recueilli plus de la moitié des suffrages exprimés, soit 50%+1) ou relative (candidat ou liste ayant recueilli le plus de voix). Le scrutin est dit « proportionnel » lorsque la répartition des sièges reflète le plus équitablement possible la diversité des opinions.

Les dernières consultations électorales tenues au Cameroun ont affiché des taux de participation relativement moyens : 65.82% lors des présidentielles de 2011 et 75.4% lors des couplées législatives et municipales de 2013. Si une évolution est à constater entre 2011 et 2013, seuls 4.1 millions de camerounais se sont rendus aux urnes pour une population politiquement active estimée à 8.7 millions de citoyens (d’après le dernier recensement général dont les résultats ont été publiés en 2010, 8.4 millions de camerounais sont âgés de plus  de 20 ans, soit l’âge minimum pour être électeur selon l’article 2 de la Constitution.)

Ces chiffres témoignent des efforts qui restent à mettre en œuvre tant pour encourager la politisation des masses que pour encourager leur participation aux processus électoraux. Le défi actuel consiste à rebâtir la confiance qu’ont les camerounais en l’exercice de leur droit de vote en leur rappelant l’impérieuse nécessité de leur participation aux élections.

S’abstenir de participer au choix de ses dirigeants, c’est prendre la responsabilité de ne pas influencer le cadre de vie dans lequel on entend se réaliser ; c’est se mettre sous la tutelle des votants. Hiram S. Iyodi

Choisissons les dirigeants qui nous inspirent

Dans notre pays le Cameroun, le vote est un droit constitutionnel garanti et un devoir civique non obligatoire. En d’autres termes, le citoyen peut délibérément choisir de s’abstenir de participer à la désignation de son ou ses représentants. Cette abstention non répréhensible du point de vue de la loi, n’est pas sans conséquence pour son épanouissement personnel.

En effet, par le biais de son vote, le citoyen participe à la démocratie en faisant élire le dirigeant qui l’inspire : celui dont il partage les idées, les valeurs et le projet de société. Le vote est le mode d’exercice par excellence de sa citoyenneté en ce sens qu’il permet d’exprimer son opinion sur les décisions fondamentales qui influencent notre vie : la protection des libertés et des droits fondamentaux, les grandes orientations des politiques éducative, infrastructurelle ou sanitaire, les projets sociaux prioritaires, la stratégie économique et la redistribution des fruits de la croissance ou encore le modèle d’organisation des pouvoirs publics.

A contrario, s’abstenir de participer au choix de ses dirigeants, c’est prendre la responsabilité de ne pas influencer le cadre de vie dans lequel on entend se réaliser ; c’est se mettre sous la tutelle des votants. Il ne peut donc avoir de solutions durables aux problèmes des citoyens si les concernés ne s’impliquent pas davantage dans la conduite des affaires publiques. L’inscription sur les listes électorales constitue la première étape de cet engagement : le préalable !

Depuis la création d’ELECAM, les organisations de la société civile autant que les partis politiques d’opposition ont dénoncé le manque de crédibilité du système électoral.Hiram S. Iyodi

Pour une inscription plus massive sur les listes électorales 

D’après l’Article 74 du Code électoral, Elections Cameroun (ELECAM), l’organisme national en charge des questions électorales et référendaires, ouvre les révisions des listes électorales chaque année du 01er Janvier au 31 Août. Ces inscriptions concernent tous les citoyens camerounais âgés de plus de 20 ans et jouissant de leurs droits civiques, sans discrimination quelconque.

Au terme du premier trimestre de l’année 2016, ELECAM réclamait 6.2 millions d’inscrits sur les listes, soit environ 70% du total des potentiels électeurs. Le processus d’inscription est pourtant relativement simple. Chaque citoyen doit se rendre à l’antenne communale d’ELECAM correspondant à son lieu de résidence, muni de sa carte nationale d’identité. L’opération d’inscription qui dure en moyenne cinq minutes, donne droit à la délivrance d’un récépissé sur lequel figure une photo ainsi que les informations civiles de l’inscrit.

Ce récépissé doit être présenté au moment du retrait de la carte d’électeur. Malgré la simplicité du processus, d’intenses actions en communication restent à implémenter pour aller chercher les 2.5 millions de citoyens non-inscrits.  En 2016, ELECAM a mis sur pieds l’opération 2000 jeunes en 20 jours associée à des caravanes mobiles pour aller à la rencontre des populations dans les localités urbaines et rurales.

La multiplication des séances d’informations et des campagnes d’affichage, la réalisation de spots télé et radio, les stratégies de street-marketing, les push-sms et surtout les campagnes digitales auraient renforcé les efforts jusque-là déployés par l’ensemble des organisations concernées par les élections. Le succès de la mobilisation électorale réside également dans le perfectionnement du système électoral.

Les besoins en perfectionnement du système électoral doivent donc aller de pair avec la maturation politique des masses. Cette maturation politique relève de l’aspiration individuelle que chaque camerounais aura à participer à une meilleure démocratisation de notre société ainsi qu’à la consolidation de notre justice sociale.Hiram S. Iyodi

Un système électoral en manque de crédibilité ?

Depuis la création d’ELECAM, les organisations de la société civile autant que les partis politiques d’opposition ont dénoncé le manque de crédibilité du système électoral. Avec un calendrier électoral peu lisible, la non-intégration du contre-pouvoir dans la composition du conseil électoral ou encore la distribution désorganisée des cartes d’électeurs…la confiance des populations dans le système électoral parait sévèrement altérée.

Si la transparence électorale reste à améliorer, la mobilisation citoyenne lors des scrutins doit justement contribuer à élire des dirigeants conscients de ces insuffisances et disposés à porter les revendications de leur électorat pour obtenir des avancées satisfaisantes. Les besoins en perfectionnement du système électoral doivent donc aller de pair avec la maturation politique des masses.

Cette maturation politique relève de l’aspiration individuelle que chaque camerounais aura à participer à une meilleure démocratisation de notre société ainsi qu’à la consolidation de notre justice sociale. Il ne nous reste plus qu’à espérer que les révisions des listes pour le compte de l’année 2017 sauront trouver la faveur des citoyens camerounais qui, conscients de l’impact de leur vote sur le devenir de leurs enfants, auront fait le choix de s’inscrire sur les listes électorales dans l’optique d’exercer leur pouvoir décisionnel.

Soyons responsables de nos choix. Voter c’est se prononcer. Voter c’est agir. Voter c’est décider. Jusqu’au 31 août 2017, inscrivons-nous massivement sur les listes électorales et persuadons de la nécessité du geste autour de nous.

  • Show Comments (4)

  • Ngantcha kemajou

    La naissance BAD & décès BEAC

  • Ngantcha kemajou

    Code électoral référendum art c

  • Elle Citoyenne
    Befoune

    La discussion s’est poursuivie sur le compte Facebook de Befoune. Nous partageons la publication avec vous :

  • elhmn

    Excellent article mais je doute que les 2 et des poussières de millions de Camerounais dont vous parlez se trouve sur internet. Qu’est ce qui est mis en œuvre pour garantir l indépendance d’ELECAM ?

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